Carbone Modifié T1

Altered Carbon.

Carbone Modifié de Richard Morgan est un classique du cyberpunk sorti en 2002 et qui a refait surface avec la série Netflix de 2018.

Le livre explore sous la forme d’un thriller, un futur dystopique où la conscience humaine peut être numérisée et transférée d’un corps à l’autre. Je ne vais pas me pencher sur un résumé du livre ni sur son analyse, mais simplement partager les passages qui m’ont marqué dans ma lecture.

Sur la société et la religion

Qu’est-ce que la « résolution 653 » ? — Une proposition de loi en discussion à la Cour des Nations unies. Le bureau du procureur de Bay City veut assigner à comparaître une catholique en unité de stockage. Un témoin capital. Le Vatican déclare qu’elle est déjà morte et dans les mains de Dieu. Ils disent que ce serait un blasphème de la ramener.

Un des concepts les plus intéressants du livre : les catholiques refusent d’être réinstanciés dans un nouveau corps. La notion d’âme étant alors remise en question, cela crée des tensions juridiques.

Le catholicisme et la tyrannie sont bons amis. Ils sont issus de la même culture.

Morgan ne fait pas dans la nuance.

Sur les relations humaines

Après un peu moins de deux cent cinquante ans de mariage, la politesse est l’essence principale de ma relation avec Miriam.

Que devient une relation de couple quand la mort n’existe plus ?

Sur la nature humaine

Le shopping est une interaction physique, un exercice de prise de décision… un mélange entre la satiété du désir d’acquérir, l’impulsion d’acquérir de nouveau, l’envie d’explorer. Putain, c’est si humain, quand on y pense.

Je ne sais pas si c’est ironique mais ce passage m’a tellement fait sourire.

La pensée consciente n’a pas grand-chose à voir avec le désir. Si l’on en croit les psychologues, elle n’a pas grand-chose à voir avec la façon dont nous vivons notre vie, d’ailleurs. Nous rationalisons nos actes après coup, mais les maîtres, ce sont les hormones, les gènes, et les phéromones pour le réglage fin. Triste, mais vrai.

La personnalité n’est rien de plus que la forme passagère d’une des vagues devant soi… ou, pour ralentir le processus à une vitesse plus humaine, la personnalité est une dune. Une forme passagère qui répond au stimulus du vent, de la gravité, de l’éducation. De la carte des gènes. Tout est sujet à l’érosion et au changement.

Ces réflexions sur l’identité prennent une dimension particulière dans un monde où on peut changer de corps comme de chemise.

Sur la violence et le pouvoir

Mais souvenez-vous de la faiblesse des armes. Ce ne sont que des extensions. Vous êtes le tueur et le destructeur. Vous êtes complet, avec ou sans elles.

Tu veux savoir comment on fabrique un Diplo ? Je vais te l’apprendre. Ils prennent ta psyché, et ils en grillent les mécanismes de limitation de violence. Les signaux de reconnaissance de soumission, les dynamiques de hiérarchie, les loyautés au groupe. Tout ça disparaît, un neurone à la fois… pour être remplacé par une volonté consciente de faire mal.

Comme tous les hommes de pouvoir, quand il parlait de prix, vous pouviez être sûr d’une chose : c’était quelqu’un d’autre qui payait.

Autres passages

L’esprit réagit de manière créative dans les situations de stress intense.

Nos sens nous donnent l’illusion de la stabilité dans l’univers et nous l’acceptons, parce que sans cette illusion, rien ne peut être accompli.

Pourquoi cela ne me surprend-il pas ? — Peut-être parce que… — Laissez tomber. C’était une figure de style.

Ce dernier échange m’a fait sourire. Kovacs a cet humour assez sec à travers tout le roman.

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